Texte d’Ariel Laforge

Lu à la présentation de Denise Boileau

au Gala de l’Ordre du Bleuet, le 3 juin 2017



Femme généreuse, dévouée et rassembleuse, Denise Boileau n’a qu’un grand désir : enseigner, faire découvrir la musique aux gens et les faire vibrer autant que son archet fait vibrer les cordes de son violon.


Née à Chicoutimi, cette Jeannoise, cadette d’une fratrie de cinq, a grandi entourée par la culture et la musique. Elle est fille de Pierrette Brochu, artiste passionnée de culture, broderie, tricot, vannerie et peinture qui s’impliquait communautairement et de Noël Boileau, joueur de hockey professionnel au sein de la ligue américaine qui a quitté son Outaouais natal pour venir travailler au Saguenay–Lac-Saint-Jean.


Denise Boileau, ses deux sœurs et deux frères grandissent baignés par le son de la programmation de Radio-Canada diffusée par la télé ou la radio qui la diffusent en permanence. C’est ainsi qu’ils découvrent les Claude Léveillé, Raymond Lévesque, Gilles Vigneault, Félix Leclerc, Luis Armstrong, Sinatra, Joner, Beethoven et Tchaïkovski. Le dimanche, les garçons écoutent la Soirée du hockey pendant que les filles regardent Les Beaux Dimanches.


Le père, pianiste qui jouait à l’oreille et chantait dans nombre de chorales, et la mère, inconditionnelle des musiques symphoniques, vendeuse de disques chez Gagnon Frères partageant ses découvertes à l’aide de sa « table tournante », organisent de nombreuses fêtes, souvent costumées, observées discrètement par leurs fils et filles.


Les enfants Boileau ont d’ailleurs eu la chance d’avoir une mère faisant office de véritable chauffeuse de taxi, leur permettant de suivre de multiples et diverses activités : jeannettes, guides, scouts, ballet, piano, natation, nage synchronisée, hockey, golf. Pas étonnant que lorsqu’on lui demande qui l’a influencée, Denise répond sans hésiter : « [Ma mère. Elle] a fait du yoga et de la croissance personnelle pour mieux se comprendre. Sa démarche m’a appris à me questionner sur le sens de la vie et de ma vie. Elle m’a montré à m’ouvrir non seulement à moi-même, mais aux autres, avec compassion et humanité. Je lui en suis profondément reconnaissante, car elle portait un regard sur le monde qui était celui de l’ouverture et de l’acceptation des autres. […] Tous ces moments, partagés avec elle, ont profondément marqué l’approche pédagogique que je développe avec mes élèves et qui repose sur l’ouverture, la souplesse dans le respect de l’autre en sensibilité, en douceur et en humour! »


Avant d’être l’enseignante de violon émérite d’aujourd’hui, la jeune Denise Boileau quitte le système scolaire en 4e secondaire pour faire l’école de la vie. Elle apprendra plusieurs métiers : secrétariat, fleuriste ainsi que le macramé qui l’amènera même à faire quelques expositions. Mais c’est en apprenant le violon avec Marthe Beaudoin, qui reconnait en elle les qualités d’un futur professeur, qu’elle commencera à se trouver. Un orienteur en arrive au même constat, décelant chez elle un fort penchant pour la psychologie et la musique.


Au milieu des années 70, Denise Boileau a le courage de retourner sur les bancs d’école afin de compléter un DEC en musique au Collège d’Alma alors qu’elle élève seule ses deux garçons. En plus, en parallèle, elle suit des cours en pédagogie du violon auprès de la Société Musicale Le mouvement Vivaldi de Québec.


« Jeune, je rêvais de devenir une “sainte”, de devenir une religieuse et de faire de l’aide humanitaire. », dit-elle. Bien qu’elle ne soit pas canonisée, elle a su trouver une façon de jumeler humanitaire et musique. En plus d’avoir fondé en 2001 son école de violon « Les Productions musicales Denise Boileau », elle enchaine parascolaire, éveil musical dans les CPE et prématernelles, animation dans les foyers de personnes âgées, pour n’en nommer que quelques-uns.


Attirée depuis toujours par la culture, déjà à l’adolescence, avec un groupe d’amis, elle met sur pied « Le Cafétula » dont le but avoué était d’animer spectacles, soirées de musique, de poésie et de cinéma de répertoire.


Cette attirance est devenue un objectif, puis une mission, comme en témoigne son importante implication : de 1984 à 2001, elle a enseigné à l’Atelier de musique de Jonquière, à celui de Roberval, à l’école de formation musicale d’Alma et au Camp musical de Métabetchouan; elle siège au Conseil régional de la Culture, à l’Orchestre symphonique régional sur le conseil d’administration de l’Association des cordes et au Comité pédagogique du Festival de musique du Royaume; elle est adjointe de direction et musicienne chez les Porteurs de musique; elle participe au Grand rassemblement des cordes, au Festival de musique du Royaume, à la Flash Fête d’Alma et au marché de Noël; elle collabore avec le Conservatoire de musique de Saguenay, avec le département de musique du Collège d’Alma, avec le Prisme culturel et l’École de danse Nathalie Briand.


Elle est aussi présidente et cofondatrice de Concerto salué pour sa contribution au développement musical par le célèbre pianiste Alain Lefebvre. Concerto a attiré des artistes originaires de la région, tel le danseur étoile Guillaume Côté, pour la programmation de son 10e anniversaire et le baryton Jean-François Lapointe pour le 20e anniversaire.


Une dévotion à notre univers culturel qui lui a valu, le 25 octobre 2013, le Prix Dollard-Morin décerné par le gouvernement du Québec pour son apport remarquable dans le domaine du loisir, de la culture et du sport.


Le 3 juin 2017


DENISE BOILEAU


Musicienne, enseignante, cofondatrice du groupe Concerto


Pour une contribution exceptionnelle

à promouvoir la musique


fut reçue Membre de l’Ordre du Bleuet


vendredi 12 mai 2017

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POURQUOI L'ORDRE DU BLEUET

L'intensité et la qualité de la vie culturelle et artistique au Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnue bien au-delà de nos frontières. Nos artistes, par leur talent, sont devenus les ambassadeurs d'une terre féconde où cohabitent avec succès toutes les disciplines artistiques. Cet extraordinaire héritage nous le devons à de nombreuses personnes qui ont contribué à l'éclosion, à la formation et au rayonnement de nos artistes et créateurs. La Société de l'Ordre du Bleuet a été fondée pour leurs rendre hommage.La grandeur d'une société se mesure par la diversité et la qualité de ses institutions culturelles. Mais et surtout par sa volonté à reconnaître l'excellence du parcours de ceux et celles qui en sont issus.